Media-Ratings observe et analyse le contenu des médias suivants :
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L'agence de presse Guysen - première agence de presse francophone du Moyen-Orient - a interviewé le directeur de notre publication

Media-Ratings, la Première Agence de Notation des Médias est née

Par Véronique Chemla pour Guysen Israël News

9 juillet 2004

Début juin 2004, Media-Rating a vu le jour. C’est « une instance indépendante qui évalue la qualité des informations diffusées par les médias ». Une première dans le paysage médiatique français.

Son initiateur, Philippe Karsenty, nous la présente.

Guysen Israël News : Pourquoi avoir créé une agence de notation des médias ?

Philippe Karsenty : Avant tout, par amour des médias ! Et un peu par amour déçu. En effet, les journalistes font en général bien leur travail mais nous avons constaté des « dysfonctionnements médiatiques ». Cela va du manque de précision dans la terminologie utilisée au non respect de la chronologie dans le récit d’un événement, en allant par la diffusion de fausses informations qui en général ne sont pas corrigées.

Ceux qui connaissent particulièrement bien un sujet se plaignent souvent du traitement médiatique dont fait l’objet le secteur dont ils sont experts. Ils constatent une discordance entre les évènements vécus, connus, et leurs relations par les médias.

Après analyse, il faut se rendre à l’évidence : il s’agit d’un problème généralisé. Nous avons analysé ce problème et nous avons élaboré - avec des journalistes, des universitaires, des utilisateurs et des professionnels des médias – une méthode d’analyse PHILTRE (Précision, Homogénéité, Indépendance, Liberté, Transparence, Responsabilité, Exhaustivité).

GIN : La situation est-elle différente ou semblable à l’étranger ?

PK : Plus ou moins. Notons toutefois une plus grande transparence dans les médias anglo-saxons. Regardez le Daily Mirror ou le New York Times. Les responsables d’articles ou de photos « bidonnés » ont été remerciés. Leur hiérarchie aussi d’ailleurs. Rien de tel en France.

Prenez l’exemple du journal La Croix. En juin 2004, nous y avons repéré un article bidonné concernant les tortures en Irak. Nous avons contacté ce quotidien et nous savons qu’il a été contacté par d’autres. Nous en avons parlé sur différentes radios nationales. Et pourtant, aucune réaction ! Ainsi, en France, un quotidien, qui publie chaque année un sondage sur la fiabilité des médias, peut publier un article qu’il sait maintenant faux et continuer à agir sans répondre à nos sollicitations.

Le contre exemple qui existe en France est absurde. C’est celui d’Olivier Mazerolles (que nous avons rencontré). Il a en effet été licencié de ses fonctions de directeur de la rédaction du journal de France 2 pour avoir anticipé sur l’info en se trompant. De plus, celui qui a prononcé l’information erronée est toujours en place. En outre, France 2 a d’autres fautes à se faire pardonner…

GIN : Comment travaillez-vous ?

PK : Nous observons et analysons systématiquement les principaux quotidiens nationaux français et nous réagissons aux sollicitations de nos lecteurs sur ces médias et sur tous les autres, écrits ou audiovisuels. Nous repérons les dysfonctionnements médiatiques, nous les analysons avec la méthode PHILTRE et nous mettons sur notre site internet des « perles ».

Nous publions une newsletter électronique gratuite où sont annoncées nos analyses, notre actualité et l’annonce de nos passages médiatiques. Nous éditerons un Baromètre de Fiabilité des Médias (en pourcentage) ainsi qu’un rapport annuel.

Enfin, nous organiserons des conférences thématiques.

GIN : Une agence de notation accorde des notes qu’elle est amenée parfois à réviser. Quid pour Media-Rating ?

PK : Aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure de publier nos évaluations car nous ne disposons que de quelques semaines d’observation. Un média s’évalue sur la durée pour observer ses dysfonctionnements et ses réussites. Notre notation se fera de façon semestrielle en fonction de la méthode PHILTRE et de la pondération de nos critères.

GIN : Que répondez-vous à ceux qui récusent toute notation des médias ou vous questionnent sur votre légitimité ?

PK : Nous répondons que tous les pouvoirs disposent de contrepouvoirs. Tous sauf un : les médias.

Pourquoi n’aurait-on pas un droit de regard sur les médias ?

Face à l'influence grandissante que les médias prennent dans les sociétés modernes il est nécessaire de disposer d'un outil fiable d'évaluation et de suivi de leur production. Notre légitimité provient de notre méthodologie transparente PHILTRE. Tout le monde peut nous critiquer.

D’ailleurs, certains ne s’en sont pas privés. Nous avons joué le jeu en publiant sur notre site l’éditorial de l’hebdo Stratégies qui n’était pas tendre pour nous.

Vous noterez que nos informations sont reprises par des sites de toutes tendances et de toutes confessions. Ce qui semble indiquer que nous ne penchons vers aucun bord.

GIN : Comment vous différenciez-vous du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) ?

PK : Le CSA est une autorité administrative, un organisme public qui ne s’occupe que de l’audiovisuel. Leur orientation est plus « technique » que « contenu ». A l’exception notable du retrait d’Alain Juppé annoncé par France 2 dont nous avons déjà parlé…

Sur Media-Ratings, nous traitons de sujets aussi divers que l’automobile, la mort du Président Reagan, le portrait d’Alexandre Adler dans Libé, la terminologie utilisée au Proche-Orient ou le football !

GIN : Comment les médias ont-ils réagi ?

PK : Certains ont salué notre arrivée et nous ont demandé des informations complémentaires. D’autres médias nous ont critiqué. C’est la règle du jeu !

Nous avons été invités à parler sur diverses radios : RMC, BFM et RCJ. Les journalistes qui nous recevaient étaient souvent dubitatifs et critiques. Les auditeurs qui appelaient ne l’étaient pas : « On a besoin de vous » était le message le plus entendu.

Nous avons répondu que nous aussi, nous avons besoin du public pour nous signaler les erreurs qu’ils repèrent dans les médias. Nous avons aussi besoin qu’ils soient de plus en plus nombreux à nous suivre pour que les médias ne puissent plus négliger nos critiques.

GIN : Quel est votre itinéraire professionnel ?

PK : J’ai travaillé dix ans dans la finance où je me suis familiarisé avec les notions d’analyse, d’évaluation et d’agence de notation.

J’ai ensuite créé un site getZEnews.fr qui sélectionne les meilleures newsletters du net.

Aujourd’hui, j’applique les méthodes de notation financière à l’évaluation des médias.

Entre temps, j’ai été candidat aux élections législatives en 2002 sous l’étiquette de Christian Blanc face à Nicolas Sarkozy, à Neuilly. Cela ne vous étonnera pas si je vous dis que j’ai perdu ! Mais nos relations sont cordiales.

GIN : Quelle est la composition de MR ?

PK : Notre équipe commence à se constituer. Le directeur des études de Media-Ratings est Nicolas Becqueret. La production de Media-Ratings est validée par Conseil Consultatif dont la composition ne sera révélée qu’à la rentrée de septembre.

En effet, nous voulons être jugés sur ce que nous produisons, et non sur le nom de tel ou tel membre. Ce Comité rassemble d’anciens membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), des universitaires et des intellectuels.

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