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M. Douste-Blazy est toujours inculte mais le système est corrupteur

Mis en ligne le 29 septembre 2005

Devant le silence des médias français face à l’incompétence de Philippe Douste-Blazy, nous avons cherché à comprendre comment cela était rendu possible.

La raison est simple : bien souvent, lorsqu’il voyage, le ministre des Affaires étrangères, tout comme le président de la République, emmène avec lui des journalistes basés à Paris qui font alors partie de sa suite.

Les journalistes voyagent à bord de l’avion du ministre et sont logés dans des hôtels de luxe, tout ceci aux frais du contribuable et non du média qui les emploie.

Ainsi, le ministre se constitue une sorte de cour qui, lorsqu’il dérape, oublie soigneusement d’en rendre compte afin d’avoir le « privilège » de voyager à nouveau avec le ministre.

Les voyages accompagnés du ministre deviennent donc des voyages de presse comme ceux des entreprises privées destinés à promouvoir un produit. Sauf que dans ce cas là, le produit est un homme politique sur lequel les informations gênantes sont tues.

Notons que ces médias, qui dépêchent des envoyés spéciaux pour accompagner le ministre, disposent souvent de correspondants sur place. Mais ces journalistes de terrain ne sont pas « invités » car ils risqueraient de trop bien connaître leur sujet et ne pas servir celui qui les fait voyager.

Libération a consacré, ce jeudi 29 septembre 2005, un portrait à Philippe Douste-Blazy - Douste-Blazy, ministre des Affaires qui lui sont étrangères - dans lequel était enfin rapportée la gaffe du ministre. Il est vrai que ces journalistes politiques, Antoine Guiral et Véronique Soulé, n'ont pas eu « l'honneur » d'accompagner le ministre durant son dernier déplacement.

Certains de nos lecteurs se sont étonnés du fait que le Canard Enchaîné ait rapporté les propos du ministre, alors que l’hebdomadaire satirique a toujours entretenu d’excellentes relations - de connivence ? - avec le Quai d’Orsay.

Tout cela s’explique par le fait que Philippe Douste-Blazy n’a pas été accueilli à bras ouverts au ministère des Affaires étrangères dont les fonctionnaires auraient préféré voir nommer à ce poste un diplomate de carrière.

De plus rappelons que Philippe Douste-Blazy est à l’origine d’une loi votée le 23 février 2005 par le parlement français dont un article déclare : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ». Or cette loi est contestée par le président algérien, ce qui pourrait compromettre la signature, à la fin 2005, du traité d’amitié franco-algérien auquel la diplomatie française accorde beaucoup d’importance.

Tout ceci pourrait donc expliquer pourquoi certains collaborateurs du Quai d'Orsay ont transmis au Canard Enchaîné les propos de Philippe Douste-Blazy afin de le discréditer.

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