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Affaire Enderlin : France Culture défie France Télévisions

Mis en ligne le 3 mars 2005

L’affaire de la mise en scène de la fausse mort du jeune palestinien qui a été diffusée par France 2, le 30 septembre 2000, place l’audiovisuel public français en difficulté.

Jusqu’à présent, la supercherie de France 2 n’était traitée que de façon superficielle et par de rares médias. Cependant, les choses commencent à prendre de l’ampleur.

Ainsi, 50 quotidiens américains ont publié ce jeudi 3 mars 2005 « Is intifada's poster child a fake? »

Ce samedi 26 février 2005, France Culture a consacré une émission très courageuse à l’affaire Al Doura - Le Premier Pouvoir - qui apporte de nouveaux éléments.

Précisons que nous avions contacté l’équipe du Premier Pouvoir mais qu’ils n’ont pas souhaité faire appel à nos services.

Ceci est regrettable car il existe trois différentes thèses sur l’affaire Al Doura et que la troisième, celle que nous défendons, n’a pas pu être représentée lors de cette émission.

Voici un rappel de ces trois thèses :

- France 2 et Charles Enderlin affirment que tout s’est passé comme cela a été présenté le 30 septembre 2000 : l’armée israélienne a tué un enfant de sang froid.

- Daniel Leconte met en doute l’origine des tirs qui ont tué l’enfant et demande qu’une enquête transparente soit réalisée. Il rappelle aussi que les mises en scène sont nombreuses dans les images fournies par France 2 et considère que si Charles Enderlin s’est trompé, il doit le reconnaître. Notons qu’ Arlette Chabot rejoint Daniel Leconte dans la première partie de son analyse mais refuse toute enquête indépendante.

- La Mena affirme que le film qui a été diffusé par France 2 est une mise en scène.

De notre côté, voici les articles que nous avons déjà publiés sur ce sujet :

- France 2 : Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement

- Mise en scène d’Enderlin : Arlette Chabot devrait lâcher son falsificateur

- Nouveaux éléments accablants dans la mise en scène de Francetélévisions

- Marc Tessier peut-il rester président de Francetélévisions ?

Comment France Culture met KO Francetélévisions

Dans l’émission du samedi 26 février 2005 de France Culture, Elisabeth Lévy recevait Daniel Leconte * afin de traiter : La mort du petit Mohammed Al Dura : une image à hautes tensions ?

Arlette Chabot n’a pas souhaité présenter les arguments de France 2 et n’a pas autorisé Charles Enderlin à participer à l’émission de France Culture.

Toutefois, et malgré l’absence de ceux qui affirment que l’affaire Al Doura est une supercherie, Le Premier Pouvoir a permis au débat d’avancer.

Ceci est d’autant plus remarquable, et il faut ici souligner le courage d’Elisabeth Lévy, que cette dernière collabore à Culture et dépendances qui est une émission diffusée sur France 3, filiale de Francetélévisions.

Par contraste, cela permet aussi de réaliser la passivité et le manque d’indépendance de beaucoup dans les médias français.

On peut ainsi s’interroger sur le peu d’empressement de Daniel Schneidermann à s’emparer de ce sujet qui met en cause France 2. Rappelons que M. Schneidermann produit et diffuse sur France 5 une émission hebdomadaire, Arrêt sur Images, dans laquelle il analyse les médias audiovisuels.

Précisons que nous sommes en contact avec M. Schneidermann et son équipe depuis plus de quatre mois. Nous les avons alertés sur l’affaire Al Doura et nous leur avons présenté les images et informations qui accablent France 2.

Pourtant, Daniel Schneidermann poursuit son travail de critique de télévision - Arrêt sur Images – sans traiter ce scandale qui ébranle France 2. Sauf dans sa chronique hebdomadaire de Libération du 26 novembre 2004 où il a, de façon surprenante, pris la défense de France 2.

Voici les informations recueillies suite à l’émission de France Culture

France 2 refuse tout dialogue contradictoire sur l’affaire Al Doura.

France 2 n’a pas permis à l’équipe de France Culture de visionner les rushes ; ce qui peut paraître bizarre quand on affirme ne rien avoir à cacher.

Elisabeth Lévy a très courageusement lancé un appel aux responsables de France 2 afin que soient diffusées les 27 minutes de rushes, qui selon la chaîne, prouveraient l’authenticité du document. Notons que ceux qui ont vu ces images, notamment Daniel Leconte, mettent en doute la version de France 2.

Daniel Leconte a dit : « Rien ne permet à Charles Enderlin d’affirmer que les tirs viennent de la position israélienne ni que l’enfant est mort ».

Elisabeth Lévy affirme : « La critique majeure que vous adressez à Charles Enderlin n’est pas d’avoir été affirmatif sur le moment sans posséder la preuve absolue. Vous avez dit vous même que, peut-être, dans la même situation, vous auriez pu faire la même chose, et tout le monde aurait pu faire la même chose, mais de s’être entêté par la suite. »

Daniel Leconte répond : « Oui, je ne sais pas quelle aurait été mon attitude parce que c’est jamais très facile de revenir sur une information qu’on a donnée et dire qu’on s’est trompé. Mais j’espère qu’il y aurait suffisamment de gens autour de moi pour me pousser à le faire… C’est un devoir qu’on doit aux téléspectateurs, c’est un devoir qu’on doit même aux gens qui ont été sur le terrain »… « Quand on sait que ce qu’on a dit ne s’est pas réellement passé… je pense qu’on a un devoir et qu’on doit revenir là dessus. »

« On voit bien sur les rushes qui précèdent l’affrontement, qui lui est réel derrière, à balles réelles, on voit bien dans ces scènes d’affrontement, dans les minutes qui précèdent, les longues minutes qui précèdent, il y a un certain nombre de montages, de saynètes qui sont filmées, des types qui font semblant d’être blessés un moment, ils sont touchés à la jambe gauche et puis, en fait, après, c’est à la jambe droite. On les voit monter sur une civière et puis en fait, c’est pas tout à fait la même. »

En fin d’émission, Elisabeth Lévy rappelle l’audace de Daniel Leconte : « Il est difficile de parler de ces questions et vous travaillez tous les jours avec les télévisions qui sont vos clientes ».

Notons enfin une remarque : contrairement à ce qui a été affirmé lors de l’émission de France Culture, il n’a jamais été remis de prix Goebbels à Charles Enderlin. Il a en revanche reçu un Prix de la Désinformation, comme cela peut être vu sur cette photographie prise par Irène Elster© le 2 octobre 2002 devant le siège de Francetélévisions :

* Daniel Leconte a publié le 25 janvier 2005 un article remarquable sur cette affaire dans Le Figaro avec Denis Jeambar : pour le recevoir Jeambar-Leconte@M-R.fr

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