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Le Figaro pris en flagrant délit de mensonge (affaire Enderlin-France 2)

Mis en ligne le 15 septembre 2005

Depuis plus d’un mois, les médias français couvrent abondamment le retrait israélien de la bande de Gaza qui s’est achevé en début de semaine.

Les articles ou les reportages qui en parlent sont souvent factuels, parfois partiaux – dans un sens ou dans l’autre – certains donnent le beau rôle au premier ministre israélien tandis que d’autres lui prêtent des arrière-pensées colonisatrices.

Pourtant, une grossière erreur n’avait pas été commise jusqu’à présent, alors qu’on pouvait s’attendre à ce qu’elle le soit, au moins par France 2.

En effet, la mise en scène de la mort d’un enfant palestinien, Mohamed al Doura, prétendument tué par des balles israéliennes, qui a été diffusée par France 2 le 30 septembre 2000, a eu pour théâtre la route qui menait à la localité israélienne de Netzarim, dans la bande de Gaza. On aurait donc pu imaginer que France 2 aurait rappelé ce «haut fait du journalisme » lorsque cette ville a été évacuée.

Il n’en a rien été puisque les consignes ont été convenablement transmises et appliquées au sein du groupe de télévision publique.

Tel n’a visiblement pas été le cas au Figaro où le correspondant du journal, Patrick Saint-Paul, s’est permis quelques écarts dans son article publié ce mercredi 14 septembre 2005 :

« La liberté précaire des Palestiniens de Gaza »

Voici la phrase que nous y avons trouvé :

« Ses 25 vaches ont été tuées début octobre 2000, par des gaz lacrymogènes israéliens, le jour de la mort du petit Mohammed al-Doura, mort sous les balles israéliennes. »

On peut s’étonner qu’une telle affirmation soit publiée aujourd’hui dans Le Figaro alors que le reportage qui a été diffusé par France 2 le 30 septembre 2000 fait l’objet depuis 5 ans d’un vif débat et de nombreuses remises en cause dont les conclusions sont connues de tous les professionnels en poste au Proche-Orient.

A toutes fins utiles, rappelons aux médias français qui taisent ces évidences que les médias étrangers continuent inlassablement d’accuser France 2 d’avoir diffusé une mise en scène le 30 septembre 2000.

Voici les derniers articles publiés à ce sujet :

- Nidra Poller dans Commentary de septembre 2005,

- Le Los Angeles Times du 9 septembre 2005.

Un blog posté le 13 septembre 2005 sur le site de l’Association Mondiale des Journaux accuse même les journaux français de pratiquer une véritable omerta sur ce sujet.

Pour ce qui nous concerne, nous continuons à enquêter et nous publierons prochainement la cartographie des soutiens dont bénéficie Charles Enderlin : elle semble aller des plus hauts dirigeants politiques français, en passant par de nombreux médias tels que Marianne, le défunt site internet Proche-Orient.info - que la dirigeante essaye actuellement de faire renaître pour, entre autres, continuer à soutenir Charles Enderlin - ou bien encore Le Nouvel Observateur dont certains dirigeants se sont engagés dans sa défense. N’oublions pas la belle-famille de Charles Enderlin dans laquelle on trouve Alexandre Adler, qui écrit au Figaro, et dont l’épouse, Blandine Kriegel, est une proche collaboratrice du président Chirac.

Notons le soutien indéfectible des OGRES à Charles Enderlin. Aller visiter ce site permet de constater où se recrutent ses amis : « Il faut soutenir Charles Enderlin ! ». Pour information, ce site s’est aussi illustré dans la défense de Tariq Ramadan, Alain Soral, Dieudonné, Pascal Boniface ou encore Alain Ménargues.

Enfin, parmi les sites qui soutiennent M. Enderlin, on trouve aussi le Réseau Voltaire (pour qui aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2001) et le site Qibla qui appelle à la libération de Zakarias Moussaoui, « otage du terroriste Bush ».

Nous complèterons prochainement la carte des réseaux de Charles Enderlin dans laquelle on trouve, paradoxalement, des diplomates israéliens, ainsi que des membres de cabinets ministériels français, mais aussi de bien étonnantes personnalités françaises.

Bien évidemment, tant que la vérité ne sera pas révélée au grand public, nous continuerons à publier des informations sur tous ceux qui ont délibérément choisi de diffuser et couvrir cette imposture médiatique.

Le 30 septembre prochain, 5 ans après la diffusion de cette mise en scène, il faudra observer comment France Télévisions traitera ce sinistre anniversaire : reconnaîtra-t-elle son erreur ? Continuera-t-elle à couvrir les responsables de cette imposture ? Ou bien fera-t-elle l’impasse sur le sujet en espérant se faire oublier ?

Si l’équipe de Patrick de Carolis venait à ne pas reconsidérer la position de la chaîne, il faudrait donc peut-être en conclure que les consignes destinées à couvrir M. Enderlin viennent de plus haut.

C’est aussi ce que nous chercherons à analyser dans nos prochaines publications.

En guise de conclusion, nous vous invitons à lire la traduction du dernier paragraphe de l’article de Nidra Poller paru dans Commentary :

« Combien de temps a-t-il fallu à Charles Enderlin, un journaliste expérimenté, pour se rendre compte que son caméraman lui mentait, et qu’il n’y avait pas d’images supplémentaire, pas de 45 minutes ou de 27 minutes pour confirmer la scène que Talal Abou Rahma disait avoir filmée ? Combien de temps a-t-il fallu aux dirigeants de France 2 pour se rendre compte qu’ils ont fait erreur en faisant confiance aux propos d’Enderlin ? Tant que la charge de la preuve reposait sur ceux qui défiaient France 2, il était relativement facile de chicaner sur les détails. Maintenant que l’événement a été réduit à ces 55 secondes dont on ne peut rien conclure, on doit se poser d’autres questions. Quel a été le rôle de la télévision d’état, ce qui signifie du gouvernement français lui-même, dans la conception et la diffusion de cette atroce calomnie, dont les répercussions nous poursuivent jusqu’à ce jour ? »

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