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De nombreux médias français assurent la promotion du vandalisme

Mis en ligne le 14 septembre 2005

Les médias français, souvent partagés entre le souci d’informer et leur responsabilité vis-à-vis de la société, hésitent parfois à évoquer certains faits divers qui pourraient, par la publicité qu’ils leur donnent, assurer leur amplification.

C’est ainsi qu’ils ont longtemps gardé sous silence les incendies de voitures dans les banlieues et les agressions antisémites.

De nombreux médias n’ont pourtant pas craint de susciter des vocations en évoquant les actes de vandalisme d’un groupuscule, se faisant appeler « Les dégonflés », qui réclame l'interdiction de la vente de 4x4 et dégonfle les pneus de ces véhicules au motif qu’ils pollueraient plus que les autres. Ce groupuscule, qui au départ était cantonné à la région parisienne, est en train «grâce » à l’exposition médiatique qui leur est offerte, d’essaimer dans les régions.

Libération, France Info en ouverture de son journal de 10h30 du mardi 13 septembre 2005, RMC Info, Canal + ou bien encore France2 ont largement donné la parole à ces vandales.

Ceci a permis à ce groupe de faire savoir que les auteurs de telles actions n’encouraient aucune peine de prison s’ils n’étaient pas pris en flagrant délit : « On ne les crève pas, on les vide seulement de leur air. Comme ça, pénalement, on ne risque presque rien ». Une information qui a certainement facilité le recrutement de « dégonflés ».

Libération du 1er septembre 2005 est même allé jusqu’à permettre aux «dégonflés » de donner le mode opératoire de leurs actes de vandalisme : « Le plus difficile restait de trouver un moyen de ne pas déclencher l'alarme, qui sonne dès que le véhicule perd un peu de son équilibre. La parade : les adaptateurs de pompes à vélo. Leurs grosses valves nous permettent de dégonfler les pneus en douceur. On installe la valve, on s'en va un quart d'heure, le temps que les pneus se dégonflent. Ensuite on récupère le matos et direction le prochain 4x4 ».

Quel est le but que poursuivent ces médias en offrant une exposition médiatique à des faits divers mineurs qui n’existent que par leur médiatisation ?

Faudra-t-il attendre qu'un véhicule, dont les pneus auront été dégonflés, ait un accident pour que les médias prennent conscience de leur responsabilité dans cette incitation au vandalisme ?

Faudra-t-il attendre qu’un propriétaire de 4x4 décide de se faire justice lui-même ?

Pourquoi les médias ont-ils fait le choix de mettre en relief ce fait divers - plus que marginal - plutôt que celui de leur responsabilité ?

N’y avait-il donc rien de plus important ce 13 septembre 2005 pour ouvrir le journal de France-Info ?

Ces médias n’ont semble-t-il pas craint de voir ces actes de vandalisme se banaliser en France quand ils ne l’ont pas encouragé comme le prouve la conclusion de l’article de Libération : « Les Dégonflés veulent maintenir la pression. Et ils espèrent faire des petits dans les autres villes. »

Il apparaît donc que les médias précités ont donc enfreint les critères suivants de la méthode PHILTRE :

- Responsabilité : le journaliste est responsable des informations qu'il délivre,

- Exhaustivité : hiérarchisation de l’information.

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