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Une journaliste française refoulée d’Israël : ça n’intéresse personne ?

Mis en ligne le 11 juillet 2005

L’association française Reporters Sans Frontières a annoncé le dimanche 3 juillet 2005 qu’une journaliste française de RFI - 89,00 FM à Paris - Houda Ibrahim, a été refoulée d’Israël, alors qu’elle avait tenté d’y entrer par la frontière jordanienne.

D’ordinaire, lorsqu’un journaliste français est empêché de travailler, on assiste à une levée de boucliers des médias hexagonaux et à des protestations exigeant que la liberté de la presse soit respectée.

De plus, lorsque cela se passe en Israël, les répercussions médiatiques sont importantes.

Dans le cas présent, il n’en a rien été : le communiqué de RSF est resté lettre morte dans les médias français.

Il n’en a pas été de même pour l’Associated Press, l’agence de presse francophone Guysen, ainsi que pour le Jerusalem Post qui ont relaté les faits.

Il peut paraître étonnant d’observer ce mutisme de nos médias sur un incident dont est victime une journaliste française.

Est-ce parce que Houda Ibrahim était chargée par le gouvernement français d’assurer la formation de journalistes palestiniens à Bethléem, à Ramallah et à l’université de Bir Zeit ?

Cela semble peu probable.

Il faut certainement rechercher les raisons de ce mutisme médiatique dans l’agenda diplomatique et la raison d’Etat.

En effet, le président français Jacques Chirac recevra en visite officielle à Paris le premier ministre israélien, Ariel Sharon, le 27 juillet 2005.

Ne souhaitant pas créer d’incident diplomatique d’ici là, il est donc fort probable que le Quai d’Orsay ait fait en sorte que ni RFI, ni l’AFP, ni les autres médias n’aient donné à cet incident le retentissement qu’il méritait.

Rappelons que la journaliste qui a été refoulée d’Israël travaille pour RFI, qui est une radio dont le financement est assuré à 70% par le ministère des Affaires étrangères français.

Les médias français ont donc enfreint, dans leur ensemble, les critères suivants de la méthode PHILTRE :

- Indépendance : par rapport à leurs sources,

- Exhaustivité : hiérarchisation de l’information, non recours à l’occultation volontaire de certaines informations,

- Liberté : par rapport aux actionnaires du média.

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