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JO 2012 : Paris 2012 devance-t-il vraiment Londres 2012 ?

Mis en ligne le 5 juillet 2005

Depuis plusieurs mois, de nombreux médias français écrits et audiovisuels annoncent la victoire de Paris pour accueillir les Jeux Olympiques de 2012.

C’est d’ailleurs ce que résume cette phrase extraite du Monde du 4 juillet 2005 : « Paris ne veut pas perdre son avantage acquis au cours des derniers mois et qui fait d'elle le favori ».

De même, le 4 juillet 2005, Reuters a publié une dépêche qui a été reprise dans certains médias français : « JO 2012 : Paris part favori même en Grande-Bretagne et en Espagne ».

De son côté, Libération avait publié, dès le 1er juin 2005, un sondage allant dans le même sens : « JO 2012 : Paris favori des internautes de la planète ».

Or, il existe un moyen simple pour essayer de connaître les probabilités objectives qu’un événement se produise : ce sont les bookmakers londoniens.

Si cette activité de pari est basée à Londres, les joueurs qui s’y adonnent forment une assemblée cosmopolite dont le but est de gagner de l’argent et non d’affirmer un choix basé sur des préférences nationales. Ils ne peuvent donc pas être soupçonnés de chauvinisme dans leurs anticipations rationnelles.

Les parieurs du monde entier, qui ont l’habitude de miser sur des événements sportifs, politiques ou internationaux, s’intéressent donc aussi au choix de la ville qui accueillera les Jeux Olympiques de 2012.

Or, selon leurs dernières évaluations (datées du lundi 4 juillet 2005 à 20 heures), Londres aurait plus de chances que les autres villes candidates d’être sélectionnée par le Comité International Olympique : chez le bookmaker Ladbrokes, la capitale anglaise recevait 40 % des mises tandis que Paris en recueillait 36 %.

Une question se pose alors : qui sont les oracles les plus fiables, les médias français qui souhaitent ardemment voir les JO à Paris mais qui n’ont rien à y perdre en l’annonçant, ou les parieurs qui jouent leur argent ?

Notons que dans un passé récent, les médias français avaient déjà fait passer leurs désirs pour des réalités, au détriment de la bonne information ou de l’anticipation la plus probable.

Ainsi, lors des élections présidentielles iraniennes de juin 2005, Akbar Hachémi Rafsandjani était donné favori par les médias français qui prévoyaient « un scénario comparable à celui de Chirac contre Le Pen », comme le montrent les propos de l’envoyé spécial de Libération à Téhéran.

Pourtant, ce fût Mahmoud Ahmadinejad, le candidat conservateur honnis des médias français, qui remporta la victoire.

De même, lors des élections présidentielles américaines de novembre 2004, les médias français avaient pris position en faveur de John Kerry et prédisaient sa victoire. Ainsi, le jour même des élections, alors que les médias américains annonçaient déjà la large avance dont disposait George W. Bush, les radios et les télévisions françaises continuaient encore à proclamer, contre toute logique, la victoire de John Kerry, et ce jusque tard dans la nuit.

On observe donc une tendance des médias français à s’auto intoxiquer par des anticipations qu’ils souhaitent voir se réaliser.

De plus, rappelons que l’objectif des médias d’information devrait être de retranscrire la réalité et non de prévoir le futur ou de chercher à l’influencer.

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