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La famille Chirac supervise-t-elle désormais les directions de l’information de France 2 et de TF1 ?

Mis en ligne le 11 avril 2005

Après avoir constaté que Jacques Chirac avait subtilisé la place d’Arlette Chabot à la direction de l’information de France 2 lors de l’ annulation du « 100 minutes pour convaincre » de José Manuel Barroso Arlette Chabot ne dirige plus l’information de France 2 - voici que la famille Chirac semble avoir aussi pris en main les rênes de l’information de TF1.

De nombreux médias nous ont ainsi appris, ce lundi 11 avril 2005, les circonstances dans lesquelles Jacques Chirac allait intervenir jeudi soir prochain sur TF1 pour défendre le « oui » au référendum constitutionnel du 29 mai 2005 :

Libération : Polémique sur l'émission made in Chirac

Le Figaro : TF1/ Polémique autour du débat européen

Le Monde : Quatre animateurs interrogeront M. Chirac sur TF1

Europe 1 : Référendum : polémique sur le débat télé de Chirac jeudi

On y apprend, entre autres, que Jacques Chirac sera interrogé par Patrick Poivre d’Arvor et 80 jeunes français choisis par TNS-Sofres.

Pour orchestrer ces débats, trois animateurs-producteurs ont été choisis par Claude Chirac (selon Libération) : Marc-Olivier Fogiel, Jean-Luc Delarue et Emmanuel Chain.

Les sociétés des journalistes de France 2, France 3 et M6 se sont indignées du « triomphe du marketing politique et de l'information spectacle au mépris du journalisme » dans un communiqué commun du 8 avril 2005 intitulé « Campagne pour le référendum : place à l'info spectacle ».

Ils y affirment par ailleurs qu’« aucun spécialiste politique ne sera présent sur ce plateau validé par l'Elysée » et se demandent si « les deux animateurs choisis, Jean-Luc Delarue et Marc-Olivier Fogiel, sauront apporter la contradiction au chef de l'Etat ? »

De son côté, Alban Mikoczy, journaliste politique et délégué du personnel à France 2, déplore « un choix risible qui discrédite ceux qui l’ont fait » aboutissant « à une émission de propagande et d’apologie du oui ».

Pour sa part, Patrick Poivre d’Arvor a déclaré sur Europe 1 qu’il avait soumis l’idée de l’émission à Claude Chirac lors d’un déjeuner le 7 mars, mais que c’était Robert Namias et Etienne Mougeotte qui avaient choisi Jean-Luc Delarue et Marc-Olivier Fogiel. Enfin, Fabien Namias, journaliste à Europe 1, nous apprenait que le format de l’émission avait été soumis par TF1 à l’Elysée pour validation.

Toutefois, Robert Namias, directeur de l’information de TF1, a affirmé que cette émission avait été préparée par TF1 « de A à Z ».

C’est alors qu’il faut rappeler, ce qu’aucun média n’a fait à ce jour, que Robert Namias est l’époux d’Anne Barrère, et que cette dernière est la conseillère en communication de Bernadette Chirac.

Si TF1 semble bien avoir enfreint le critère d’ Indépendance de la méthode PHILTRE, il est étrange de constater que les médias français ont, en oubliant de mentionner les liens qui unissent les familles Chirac et Namias, délibérément violé les critères suivants:

- Précision : contextualisation de l’information,

- Exhaustivité : occultation volontaire de certaines informations.

De son côté, Daniel Schneidermann - critique officiel de TF1 - auquel nous avions consacré une analyse – Daniel Schneidermann : texte mensonges et vidéos - ne se saisira probablement pas de cette affaire. En effet, s’il le faisait, il risquerait d’avoir à expliquer pourquoi Arte n’est jamais critiquée dans ses interventions médiatiques. Il faudrait alors qu’il révèle que son épouse y exerce, sous un autre nom que le sien, d’éminentes fonctions.

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