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Marc Tessier peut-il rester président de Francetélévisions ?

Mis en ligne le 11 février 2005. Ajout le 16 février 2005

De nombreux scandales contribuent à décrédibiliser Francetélévisions, et plus particulièrement la principale chaîne du groupe, France 2.

Malgré cela, jour après jour, les dirigeants de la chaîne, le CSA, le ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, ainsi que ses principaux conseillers temporisent ou feignent d’ignorer ces éléments alors qu’ils en sont tous parfaitement informés.

Affaire Baudis

Dominique Baudis, président du CSA, a, dans son livre « Face à la calomnie », dénoncé le comportement peu professionnel, voire irresponsable, de la rédaction de France 2 dans le traitement de son affaire.

Florence Bouquillat, journaliste à France 2, a réalisé l’interview du travesti Djamel dans laquelle ce dernier accusait M. Baudis des pires horreurs. Les propos du travesti ont été démentis par la suite.

Dans son livre, Dominique Baudis révèle un entretien qu’il a eu avec la journaliste :

« Mais expliquez-moi quelque chose que je ne comprends pas: trois jours après la diffusion de votre interview, Djamel se retrouve derrière les barreaux, mis en examen pour faux témoignage. Vous n’avez rien dit, sinon une brève de dix secondes. Pourquoi ne pas reconnaître votre erreur devant les téléspectateurs ? (….) Devant la naïveté de ma question, elle se redresse, un sourire ironique aux lèvres.

On ne fait jamais ça à la télévision, voyons! m’assène-t-elle comme si elle parlait à un simple d’esprit. »

Olivier Mazerolle et la surmortalité lors de la canicule de l’été 2003

Olivier Mazerolle, ancien directeur de l’information de France 2, a poursuivi Canal + en diffamation le 1er février 2005 devant la 17ème Chambre Correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris.

Jean-Baptiste Rivoire, journaliste à Canal +, avait affirmé que M. Mazerolle s'était opposé à la diffusion à l'antenne, du résultat d’une enquête des journalistes du service société de France 2 sur le nombre de décès liés à la canicule.

Jean–Baptiste Rivoire avait été surpris de voir que le 20 heures de France 2 du 21 août 2003 ne donnait pas les chiffres de la surmortalité en valeur absolue mais en pourcentage, ce qui avait pour effet de présenter les chiffres de façon bien moins alarmante.

Ceci n’a pas été contesté par Olivier Mazerolle.

En revanche, M. Mazerolle attaque le reportage de Canal + car il aurait laissé entendre qu’il y a eu censure et que le directeur de la rédaction de France 2 aurait cherché à minimiser l’impact de ces chiffres pour plaire au gouvernement.

Daniel Karlin et la diffusion d’une fausse information par France 2

Dans une lettre écrite à Marc Tessier, président de Francetélévisions, et publié par l’AFP, Daniel Karlin s'étonne que le troisième volet des « Chroniques de la violence ordinaire » (diffusées les 21 et 28 janvier 2005 et les 4 et 7 février 2005 sur France 2), consacré aux procès d'enfants, soit présenté comme une première en France alors que lui-même avait déjà filmé en 1991 plusieurs audiences d'enfants du Tribunal de Grande Instance de Marseille.

Selon Daniel Karlin, France 2 donne une « information mensongère » et « il s'agit d'une volonté délibérée de la direction de l'unité documentaire de France 2 de tromper les téléspectateurs et l'ensemble de la presse française, pour pouvoir se glorifier de je ne sais quel scoop ».

Diffusion de la mise en scène de la fausse mort de Mohamed Al Doura par France 2 le 30 septembre 2000

Nous vous invitons à découvrir ou à relire nos articles précédemment publiés :

- France 2 : Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement

- Mise en scène d’Enderlin : Arlette Chabot devrait lâcher son falsificateur

- Nouveaux éléments accablants dans la mise en scène de Francetélévisions

Les médias étrangers continuent à enquêter et à publier de nombreux articles sur cette affaire.

Les plus récents papiers ont été publiés le 15 février 2005 par CSNNews qui souligne les contradictions de France 2 et de ses collaborateurs, et le 7 février 2005 dans le New York Times et le International Herald Tribune.

Ajoutons une chose importante concernant ce dernier article : Periodista Digital, qui est une source espagnole d’informations incontestée, a choisi de le traduire et de le diffuser sous ce titre éloquent : Una de las grandes fotos bélicas de la historia o un hábil montaje?

Rappelons que lors des semaines précédentes, le magazine Jeune Afrique avait publié un article remarquable à ce sujet et que MM. Jeambar et Leconte avaient complété leur article du Figaro du 25 janvier 2005 par une interview radio beaucoup plus explicite et accusatrice pour France 2 et Charles Enderlin. Vous pourrez l’écouter en cliquant ici ou en lire l’intégralité en cliquant là.

Notons que malgré son silence apparent, le CSA a, suite à la relance de la polémique avec France 2, émis l’avis suivant que vous pouvez lire en intégralité et dont voici les principales recommandations :

- « vérifier l'exactitude des informations diffusées ou, en cas d'incertitude, de les présenter au conditionnel et d'en citer la source et la date »,

- « procéder, en cas de diffusion d'informations inexactes, à leur rectification dans les meilleurs délais et dans des conditions d'exposition comparables ».

Voici ce que Charles Enderlin a déclaré ce mercredi 9 février 2005 dans un forum du Nouvel Observateur alors qu’il était questionné sur l’affaire Al Doura :

« Je pense que je dirai le même commentaire et que je ferai le même montage. Avec peut être une différence. Sachant combien on me le reproche aujourd’hui, je diffuserai les quelques secondes de l’agonie de l’enfant que j’avais coupé considérant à l’époque que cela rendait le sujet trop dur. »

Rappelons que Denis Jeambar et Daniel Leconte affirment, tout comme la direction de Francetélévisions, que les images d’agonie de l’enfant n’existent pas.

Enfin, afin de compléter ce tour d’horizon concernant l’affaire Al Doura - France 2, notons que les soutiens de Charles Enderlin ne faiblissent pas.

Au sein de la presse française, certaines personnalités envisagent de lui apporter, bien imprudemment selon nous, leur appui, de pétitionner en sa faveur et de protester auprès de médias tels que l’International Herald Tribune.

Ces démarches ne sont pas solitaires puisqu’on nous a signalé un site internet dont l’un des objets est la « défense de Dieudonné, Alain Ménargues, Alain Soral, Charles Enderlin, Tariq Ramadan, Daniel Mermet,… et progressivement toutes les personnalités soumises à un chantage par des extrémistes sionistes, ou d’autres extrémismes… »

Marc Tessier peut-il alors rester président de Francetélévisions ?

Compte tenu de tous ces éléments, et afin de pouvoir mieux saisir l’incongruité de la situation dans laquelle se trouve Francetélévisions et son président, Marc Tessier, voici quelques propos qui ont été extraits d’une interview que ce dernier a donnée au Monde le 27 janvier 2005 et dans laquelle il répond aux mises en cause de Dominique Baudis :

« On ne doit pas faire l'impasse sur nos erreurs. France Télévisions en a déjà fait une première analyse sur ses antennes, insuffisante : je souhaite que nous allions plus loin sur la déontologie et l'exercice de nos métiers. J'ai le projet de créer une fondation de France Télévisions dont un des objets sera d'organiser la réflexion sur ces questions, en particulier lorsque des personnes sont mises en cause. Par exemple, il faut reconnaître ses erreurs et le faire savoir de manière claire à l'antenne. »

Si M. Marc Tessier n’arrive pas à faire appliquer ses propres consignes au sein de l’entreprise qu’il dirige, peut-être devrait-il se retirer ?

Il pourrait aussi se remémorer cette citation d'Abraham Lincoln :

« On peut tromper tout le monde pendant un certain temps et certains pour toujours, mais on ne peut pas tromper tout le monde éternellement. »

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