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Mise en scène d’Enderlin : Arlette Chabot devrait lâcher son falsificateur

Mis en ligne le 29 décembre 2004. Ajout le 20 janvier 2005

Il apparaît de plus en plus clairement que France 2 va bientôt se séparer de son correspondant à Jérusalem maintenant qu’il a été prouvé qu’il a menti : mutation, retraite, renvoi… ?

Si vous avez raté l’ épisode précédent, cliquez ici.

Les preuves s’accumulent semaine après semaine et Charles Enderlin se défend de plus en plus mal.

Il reconnaît que diffuser une mise en scène, et faire croire que c’est la réalité, est un « crime ».

Il reconnaît implicitement qu’ il ne détient pas les images de l’agonie de l’enfant. Il n’est d’ailleurs pas le seul à reconnaître ce mensonge puisqu’ à France 2, on convient que ces images n’existent pas.

Enfin, lorsque Charles Enderlin se retrouve acculé par des questions qui le mettent en difficulté, il prétend ne pas pouvoir s’exprimer sur ce sujet et renvoie systématiquement vers Mme Chabot, qui n’est ici qu’une victime qui n’a fait que récupérer un dossier dont elle a hérité malgré elle.

En tout état de cause, de nombreux responsables de la chaîne ont compris qu’il y a eu bidonnage - il paraîtrait même que Mme Chabot en convienne – et savent qu’il va bientôt falloir révéler la réalité de la mise en scène sans que cela ne provoque trop de dégâts.

Il ne reste plus qu’à la directrice de l’information de France 2 de se saisir sérieusement du dossier, d’écouter, d’observer sereinement les éléments et de tirer les conclusions qui s’imposent si elle ne souhaite pas être prochainement balayée par la vague qui emportera tous ceux qui ont trempé dans cette mystification audiovisuelle.

Le Wall Street Journal a consacré à cette affaire un éditorial accablant pour France 2 et Charles Enderlin le 10 décembre 2004.

Front Page Magazine a publié, le 28 décembre 2004, un article d’Alyssa Lappen fort bien argumenté - The Israeli Crime That Wasn’t - dans lequel Media-Ratings est plusieurs fois cité.

Ajout du 20 janvier 2005

Comme nous l’annoncions précédemment, les médias américains continuent à enquêter sur l’affaire Enderlin et arrivent tous à la même conclusion : France 2 a présenté un faux le 30 septembre 2000 et cherche à dissimuler sa faute depuis.

Nous vous invitons à découvrir deux articles qui ont été publiés le 13 janvier 2005 (où Media-Ratings est cité) :

French TV Allegedly Using Threats to Avert Fraud Probe par CSNnews.com

Are French media covering an hoax par l’Association Mondiale des Journaux.

D’autres articles, encore plus accablants pour France 2, devraient être bientôt publiés dans des médias de renommée internationale.

Mme Arlette Chabot, qui n’était pas en poste au moment où la mise en scène a été diffusée par France 2, continue à couvrir Charles Enderlin.

Elle n’a donc aucune responsabilité dans la diffusion initiale de ce faux historique.

Toutefois, si Mme Chabot continuait à couvrir le fraudeur, elle pourra être tenue responsable d’avoir, en connaissance de cause, continué à le soutenir au delà du raisonnable.

Ajoutons que le vent est en train de tourner et que la campagne de presse (et de pressions) qui a été lancée pour « sauver le soldat Enderlin » s’essouffle. En effet, de nombreux intellectuels, responsables médiatiques et politiques ont compris que la mort de Mohamed Al Doura était un faux.

Bien évidemment, certains de ceux qui dépendent économiquement, du groupe Francetélévisions préfèrent prendre la défense de Charles Enderlin.

Notons le cas de M. Daniel Schneidermann – Arrêt Sur Images sur France 5 et chronique médias dans Libération - qui détient les preuves de la falsification d’Enderlin mais qui préfère taire ce qu’il sait.

Est-ce parce que la société de production de Daniel Schneidermann dépend de contrats signés avec Francetélévisions ?

Nous n’osons y croire mais il nous semble troublant de constater que ce grand pourfendeur des dérives des télévisions privées et autres médias ait tant de mal à révéler la supercherie d’Enderlin.

Pour mieux comprendre pourquoi seuls les médias étrangers parlent librement de cette affaire et arrivent aux mêmes conclusions que nous, nous avons interrogé le dirigeant d’un grand média français qui s’est exprimé confidentiellement, donc librement.

Voici ce qu’il nous a affirmé : « Aucun quotidien français ne vous suivra dans votre lutte pour faire sortir la vérité dans l’affaire Enderlin, même si vous avez raison et je crois que vous avez raison. »

Pourquoi ?

« Parce que le groupe Francetélévisions est un gros annonceur dont ne peut se passer la presse quotidienne, surtout dans les moments difficiles qu’elle traverse actuellement. Si en plus vous tenez compte du fait que tout journaliste rêve de travailler un jour ou l’autre à la télévision, vous comprendrez qu’ils n’ont aucune envie d’insulter l’avenir et qu’ils se rangeront bien sagement dans le camp du plus fort, en l’occurrence aujourd’hui, le groupe Francetélévisions. Mais rassurez-vous le rapport de force peut changer. »

Enfin, toujours pour vous permettre de constater la situation absurde dans laquelle se trouvent les médias français, nous vous invitons à lire ces citations extraites du Figaro et du Monde des 11 et 12 janvier 2005 :

« Depuis lundi, la rédaction de la chaîne doit faire face aux conclusions des experts indépendants nommés pour faire la lumière sur cette affaire…

Très vite, la véracité des sources d'information est mise en cause… le présentateur vedette de l'émission et du JT de la chaîne, fait son mea culpa. Un geste insuffisant.

Par la suite, après vingt-trois ans de service, il est contraint d'annoncer son départ anticipé en mars prochain…

Ils déplorent l'obstination de l'équipe à défendre son reportage, la confiance excessive accordée à la productrice… mais, surtout, l'absence de procédures de vérification et de contrôle de l'information et des sources…

Première conséquence des conclusions des Sages, le renvoi de quatre journalistes chevronnés de la chaîne…

Toutefois, le président échappe de justesse au licenciement, au grand dam de nombreux reporters…Symbole oblige, il a immédiatement décidé de créer un nouveau poste, celui de vice-président en charge des principes éthiques. Une mesure destinée à rétablir la confiance du public…

Ces problèmes ont d'abord été causés par un zèle aveugle lié à la volonté de diffuser… »

Puis :

« La chaîne a annoncé, lundi 10 janvier, le licenciement de quatre de ses collaborateurs, sanctionnés après la diffusion le 8 septembre d'une enquête controversée…

Après plusieurs jours de polémique, l'équipe avait fini par reconnaître ses erreurs et présenter des excuses. Pour mettre fin au scandale…avait demandé à une commission composée de personnalités indépendantes de mettre en lumière les défaillances ayant conduit à la diffusion de l'émission.

Le rapport de 224 pages, rendu public lundi 10 janvier, est accablant.

Selon ses conclusions, … s'est précipité pour diffuser l'enquête afin de prendre de vitesse ses concurrents et a refusé de prendre en considération des informations contradictoires non seulement avant que l'émission soit diffusée mais, ensuite, pendant près de deux semaines.

La commission a rapidement identifié des erreurs considérables et fondamentales liées à l'enquête et à la production de l'émission, souligne le rapport. Il ajoute ne pas avoir de preuves que l'équipe a agi pour des raisons politiques, mais plutôt par excès d'enthousiasme et de pression compétitive.

…a trouvé le document contesté et en a caché à ses collaborateurs la source, qui était douteuse

…a apporté dans sa carrière de nombreux scoops à la chaîne…

a aussi demandé la démission de la vice-présidente responsable des programmes d'informations. »

Comme vous vous en doutez certainement, ces citations ne concernaient pas France 2, pas encore ! mais sont extraites d’articles consacrés au scandale qui a touché CBS et Dan Rather en septembre 2004 lorsque la chaîne américaine a présenté de fausses preuves mettant en cause le passé militaire du président Bush.

Il a donc fallu 4 mois à CBS pour réagir, dire la vérité et prendre les bonnes décisions.

Cela fait plus de quatre ans que cela dure et que France 2 continue toujours à couvrir le falsificateur Enderlin.

Précisons que l’ensemble des médias français reçoivent nos communiqués de presse.

Si vous êtes journaliste et que vous avez la curiosité de voir les preuves qui accablent Charles Enderlin et France 2 dans cette affaire, un collaborateur (ou une collaboratrice) de Media-Ratings se fera un plaisir de venir vous présenter les preuves de la mystification.

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