Media-Ratings observe et analyse le contenu des médias suivants :
&
  • d'autres médias écrits et audiovisuels

Chesnot et Malbrunot : certains masques seraient-ils en train de tomber ?

Avant tout, nous souhaitons apporter notre soutien à Georges Malbrunot, à Christian Chesnot, à leur chauffeur syrien ainsi qu’à tous les otages - français ou non français, journalistes ou non journalistes - retenus en Irak.

Nous espérons qu’ils seront très vite libérés.

L’émotion suscitée par l’enlèvement des journalistes français ne doit pas nous empêcher d’ analyser la situation médiatique telle qu’elle se présente afin d’en tirer certains enseignements.

Dès le 25 août, un de nos lecteurs nous a alerté en nous signalant les propos tenus par le correspondant de France 2 à Nadjaf, Grégoire Deniau. Ces paroles ont été prononcées le lundi 23 août 2004, soit presque une semaine avant que la demande des ravisseurs n'ait été rendue publique.

Nous vous les restituons in extenso :

« Ici à Nadjaf, il me paraît absolument invraisemblable qu’ils aient été enlevés par des gens de l’armée du Mehdi parce que pour l’instant, on est plutôt bien vu par les gens de Moqtada Sadr qui sont très contents d’avoir des journalistes de leur côté ».

Sur le moment, nous avons pensé qu’il s’agissait d’une maladresse et nous n’avons pas donné suite.

Puis, les jours ont passé et les déclarations de ce type se sont multipliées voire accentuées.

Ainsi, on a pu entendre de nombreux dirigeants de mouvements terroristes - selon la classification de l’ONU - soutenir les journalistes français et appeler à leur libération alors que cela ne s’était produit pour aucun autre otage.

Enfin, la « cerise sur la gâteau » fut la confirmation de l’ engagement partisan des deux journalistes français. Nous avons ainsi découvert les propos de Yasser Arafat (cité notamment par le Figaro, le Monde et l’Humanité du 31 août 2004) :

« Au nom du peuple palestinien », M. Arafat demande que « leur vie soit épargnée et qu’ils soient libérés aussi vite que possible (…) Ces journalistes aident la cause irakienne et la cause palestinienne »... « Nous voulons des garanties pour nos amis qui soutiennent notre combat »

Dans le même Figaro (employeur de Georges Malbrunot), nous avons aussi appris « la sympathie des otages eux-mêmes pour la cause arabe ».

De cette prise d’otage, il semble que nous pouvons donc tirer plusieurs enseignements dont l’un des principaux est la partialité affirmée, affichée, revendiquée et reconnue par certains journalistes français en faveur d’une des parties d’un conflit (israélo-arabe, irakien, ou plus généralement au Proche-Orient).

Cela ne peut nous laisser indifférent et doit nous amener à reconsidérer les informations qui nous sont fournies par certains journalistes français au Proche-Orient.

Le respect des critères d’ Homogénéité (présentation équilibrée des manifestations d’opinion et des avis divergents) et d’Indépendance (indépendance par rapport à leurs sources) est particulièrement malmené par ces révélations.

En ce qui concerne le Figaro et la radio publique RFI, nous pouvons aussi poser la question suivante : comment de grands organes de presse peuvent-ils employer des journalistes dont ils connaissent l’engagement partisan ? Et pourquoi ?

Un autre enseignement peut être tiré de cette situation dramatique : de nombreux médias perdent leur pudeur lorsque des journalistes français sont touchés. En effet, dans le cas de l’enlèvement des journalistes français, on ne parle plus de « résistants », d’ « activistes » ( Activisme ou terrorisme) ou de « militants » mais bien de « terroristes », de « lâches », de « cruels », de « fascistes »...

A la lumière de ces constatation, il apparaît donc qu’il faudra, une fois que les journalistes français auront été libérés, effectuer une mise au point claire sur la nature des informations qui nous sont fournies sur le Proche-Orient par les médias français.

N'hésitez pas à réagir à cet article
Envoyer cet article à un ami
Recevez l'actualité de Media-Ratings :

contact@M-R.fr