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Sarko et Sharon : des gifles qui passent inaperçues...

Nous avons observé certaines déclarations qui ont été faites en juillet 2004 et leur traitement par les médias.

De cela, il ressort que les tempêtes dues aux déclarations publiques ne valent que par la reprise et l’interprétation des médias dominants.

Premier exemple : l’interview de Nicolas Sarkozy publiée dans le Figaro du vendredi 30 juillet 2004

Lors de cette interview, la question suivante a été posée à Nicolas Sarkozy :

« Vous venez de boucler la réforme EDF. N'estimez-vous pas avoir fait trop de concessions, notamment sur les salaires ? »

Voici la réponse de Nicolas Sarkozy : « C'est une réforme dont on parlait depuis des années sans jamais l'avoir commencée. EDF est désormais une société anonyme, le capital peut être ouvert et la commission sur les besoins de financement sera constituée dans quelques jours. Il n'y a eu ni blocage ni black-out, et il n'y a pas eu d'humiliation des salariés ou des partenaires sociaux. On ne mesure pas assez l'impact pour l'image de la France d'une telle réforme, sans violence ni drame. Tout s'est passé dans le dialogue, sauf deux difficultés à Saint-Lazare. Mais souvenez-vous de 1995 ! Au final, la France a donné l'image d'un pays où la réforme est possible. »

Cette réponse est passé inaperçue et pourtant…

Pourtant, lorsque Nicolas Sarkozy dit « Mais souvenez-vous de 1995 ! » (après le rappel des blocages, black-out et humiliations) comment ne pas entendre « Mais souvenez-vous de la méthode Juppé ! »

C’est donc une attaque frontale de la politique et de la méthode suivies par Alain Juppé en 1995.

Comment se fait-il qu'aucun média n'a repris ces propos et les a soulignés ?

Est-ce la flemme ?

Est-ce que tous les éditorialistes compétents sont en vacances ?

« Il n'y a en effet pas eu d'humiliation pour les partenaires sociaux ou pour les salariés » disait Nicolas Sarkozy.

Et pour Alain Juppé ?

Deuxième exemple : les traitements des propos du Premier Ministre israélien concernant l’antisémitisme en France

Avant tout, précisons que notre rôle n’est pas d’analyser les différents propos tenus par Ariel Sharon mais d’en décoder les traitements médiatiques.

Le 9 juillet 2004, le Premier Ministre israélien a provoqué une tempête médiatico-diplomatique entre le gouvernement français et lui-même en prononçant les paroles suivantes lors d’une rencontre internationale et en réponse à une question : « Nous observons l’expansion du plus sauvage antisémitisme là-bas….Si j’avais un conseil à donner à nos frères en France, je leur dirais une chose : venez en Israël, dès que possible. Je le dis aux juifs du monde entier, mais là, je crois que c’est un devoir et il doivent venir immédiatement ».

Ces propos ont été repris partout, commentés et critiqués et ont provoqué une crise diplomatique amplifiée par leur énorme reprise médiatique. La diplomatie française a demandé une explication qui n’est jamais venue. Enfin presque jamais…

Le 28 juillet 2004, les médias français annonçaient qu’un avion de 250 juifs français était en partance pour l’émigration vers Israël. Cela pouvait être interprété comme une mise en action des paroles prononcées près de 20 jours avant par le Premier Ministre israélien : après la prétendue gifle orale, la véritable gifle physique !

Cela pouvait sembler d’autant plus vrai qu’Ariel Sharon a reçu les immigrants à la descente de l’avion en compagnie du leader de l’opposition, Shimon Perès : c’était donc tout l’Etat d’Israël qui les recevait.

Raisonnablement, on aurait pu penser que cet avion et son accueil auraient été interprétés comme une réponse cinglante aux explications demandées par la diplomatie française.

Pas du tout !

Les médias français, à l’unisson de la diplomatie française, ont accueilli cette gifle comme une caresse et ont considéré que les propos du Premier Ministre israélien prononcés lors de l’accueil des immigrants étaient destinés à réconforter la France et à effacer la brouille.

A toute fins utiles et pour constater que nos médias ont bien appris (et répété) la leçon, voici ce que le porte parole du Quai d’Orsay a dit au lendemain de cette atterrissage en pleine figure : « Nous avons relevé les déclarations du Premier ministre israélien rendant hommage à la France pour son action déterminée en matière de lutte contre l'antisémitisme, une action dont il a dit qu'elle a valeur d'exemple. Nous en prenons note naturellement avec satisfaction ».

Nous pourrons toutefois rappeler à ceux qui ont été caressés par ces propos réconfortants que ces derniers avaient déjà été tenus le 9 juillet après les mots qui ont fait scandale.

Avec ces exemples très différents mais comparables dans le traitement des « gifles », on peut constater soit une incompétence totale des journalistes pour décrypter les messages, soit un total manque d’Indépendance (I du PHILTRE) de nos médias par rapport au pouvoir exécutif français.

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