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Activisme ou terrorisme ?

Ce vendredi 14 mai, certains médias écrits et audiovisuels (entre autres le Figaro page 4, RCJ - la radio de la communauté juive à Paris 94,8 FM - à 12h30) ont commis la même erreur en ne respectant pas les règles de la précision et de la bonne information.

« Selon une source militaire israélienne, l'armée a arrêté, hier matin, deux activistes palestiniens qui projetaient d'actionner une ceinture explosive dans un restaurant de Tel-Aviv ».

Indépendamment du suivisme qui a conduit de nombreux médias à reprendre la même formulation erronée : « activistes palestiniens qui projetaient d'actionner une ceinture explosive dans un restaurant de Tel-Aviv », on assiste à une utilisation inadéquate de la terminologie (critère de précision non respecté).

En effet, qu'est-ce qu'un activiste ? Et qu'est-ce qu'un terroriste ?

Selon le petit Larousse un activiste est un « partisan de l'activisme ».

Mais alors, qu'est-ce que l'activisme ? Toujours selon le Larousse, c'est « une attitude politique qui préconise l'action directe, la propagande active. » C'est aussi « une attitude morale qui insiste sur les nécessités de la vie et de l'action plus que sur les principes théoriques ».

Selon le petit Larousse, un terroriste, c'est quelqu'un « qui participe à un acte de terrorisme ».

Et qu'est-ce que le terrorisme ? C'est « un ensemble d'actes de violence commis par une organisation pour créer un climat d'insécurité ou renverser le gouvernement établi »

Au regard de ces définitions très précises, il semble que « deux personnes qui projetaient d'actionner une ceinture explosive dans un restaurant de Tel-Aviv » ne peuvent être appelées autrement que « terroristes » .

Sinon, les auteurs des attentats de Madrid du 11 mars 2004, de Bali (octobre 2002), ou de Karachi (mai 2002) qui s'attaquaient aléatoirement à des civils désarmés se trouvant dans des lieux publics (comme il était prévu de le faire dans un restaurant de Tel-Aviv) étaient aussi des « activistes ».

A moins que ce ne soient des personnes dont « l'attitude morale insiste sur les nécessités de la vie et de l'action plus que sur les principes théoriques ».

Notons qu'à Madrid, la totalité de la définition du mot terrorisme a été appliquée : « créer un climat d'insécurité » et « renverser le gouvernement établi ».

Point important : les « vrais activistes » (qui militent dans les partis politiques, les syndicats ou les associations) pourraient trouver a redire de se trouver associés à des gens qui « projetaient d'actionner une ceinture explosive dans un restaurant de Tel-Aviv ».

Notons enfin que le Monde fait un usage immodéré du terme « activiste » dans de nombreux articles. L'exemple le plus amusant de cette utilisation inadéquate est cet article.

Essayez de remplacer le mot «activiste» par la définition et vous découvrirez l'incongruité de ce terme là où il est employé.

Notons à toutes fins utiles que le Djihad Islamique palestinien est, selon l'ONU et l'Union Européenne, une « organisation terroriste» et non une formation politique qui pratique la « propagande active» ou une «attitude morale qui insiste sur les nécessités de la vie et de l'action».

Les erreurs de terminologie sont très fréquentes lorsque l’on observe le traitement médiatique du conflit israélo-arabe.

Nous consacrerons prochainement un dossier complet à ces problèmes de terminologie.

Nous saluons le fair-play de RCJ qui nous a reçu le lundi 14 juin 2004 suite à cet article lors d'une intervention qui a duré une dizaine de minutes.

Le Figaro n'a pas réagi à notre article.

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